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Christophe Lambert récupère un bout de tôle, un dessin imprimé et y greffe ce qu'il veut raconter. Dans le dessin, dans la gravure, quel que soit le geste - le vocabulaire en somme -, par quel langage a priori commun mais qui en définitive ne va appartenir qu’à lui, l’artiste va-t-il rendre visible ce qui ne l’est pas ? Marie-Odile ANDRADE-CARPENTIER Christophe Lambert grave des carrosseries accidentées. Ces taules meurtries, froissées, déformées, conservent à jamais la trace des forces qui se sont affrontées lors du choc. D’autres pièces, simplement usagées, s’imposent par leur robustesse à l’état brut. Elles n’en sont pas moins des corps abandonnés, des dépouilles de l’ère industrielle, que l’artiste choisit avec attention. Face à ces armures des temps modernes, le sensible réaffirme son empreinte, sa présence. Les carapaces métalliques (automobile, avion) de l’homme d’aujourd’hui subissent la frappe puissante d’une émotion ou la pointe précise d’un humour corrosif teinté de dérision. Elles s’en trouvent réinventées par l’artiste, pour une seconde vie poétique et énigmatique. Bénédicte KIBLER |