
| Textes de Christophe LAMBERT Découvrez le livret PISCINE
Ma monstrueuse petite folle adorée s’est allongée au bord du bassin de nage pour prendre sa part d’imbécillité tranquille, de repos superflu. Je traverse ce vaporeux sommeil où la méditation rebondissante enjambe facilement la barrière entre le rêve et la réalité. Le varan dans son immobile posture la regarde. Elle dore ses trois visages, celui qui effraie, celui qui plaît, celui de tous les jours. Ce prisme fascinant aveugle. Mon étrange et singulière fiancée est attachée par les chevilles à une fine chaîne ouvragée de chez Gucci. Gravée sur son pendentif, elle traîne comme un galérien résigné son boulet, sa maxime chérie qui transforme le plomb en or, : « Il faut prendre les choses comme elles viennent ». Et comme il ne vient rien d’autre que le vent pour câliner son corps, elle assume voluptueusement de se languir là, attendant l’arrivée d’autre chose au cas où il surviendrait. Ma délicieuse et repoussante Numide de resorts prend le bronzage avec une philosophie toute orientale. Ses yeux olives, fermés à demi, lance des « encore » à l'ondoyant soleil si tyrannique avec ses remuants sujets et pourtant plus que précautionneux avec cette adoratrice au transat.
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