Textes et dessins de Christophe LAMBERT

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Au pied du mur ou a la cime de l’arbre

 

Les pensées sont des reflets de pare-brise dont on scrute la source indéfinie. En voilà une qui se pointe. Un petit personnage entièrement vêtu de noir surgit insidieusement entre les dancers comme un malheur étrange. Libre plaisantin enroulant chacun de sa foucade gestuelle, glissant comme une annotation pessimiste et joyeuse entre les récits du corps de ballet. Diablotin se jouant d’une vie acharnée et férocement ordonnée, j’aime l’élégance de tes poses malicieuses dans ce gala. Je crie au génie, enfant de la mise en scène, sombre feu follet qui donne du travers à la ritournelle. Tu jettes des rêves à la tête de ceux qui sont là, préoccupés par leurs rôles, d’un autre geste tu les invites à te suivre pour les perdre en coulisses. Ils font mine de ne rien voir de tes invitations.

Mon petit corbeau, ton évanouissement backstage fait tomber mon ravissement au sol, comme un amant satisfait s’affale sur son lit. Je suis sur le cul avec le sourire aux lèvres.

En voilà une autre : Ils se défont de leurs vêtements au pied d’un arbre centenaire et courent nus sous l’arcade lumineuse, dévissent les ampoules, avant de se prendre un flash_guitare_rock catapultant leurs corps en arrière.

Une dernière qui vient: Adorer la liberté au point d’accepter de la perdre pour ne pas l'altérer, revisser les ampoules, venir au-devant, saluer.